Le 24 octobre 2026, nous vivons la conjonction inférieure, à 0°45 Scorpion, entre Vénus rétrograde et le Soleil. C’est la naissance de la nouvelle Vénus. Quelques heures plus tard, Mercure 20°59 Scorpion débute son mouvement rétrograde.
Vénus Lucifer rétrograde jusqu’au 14 novembre 2026
Cette nouvelle Vénus est appelée « Lucifer », ce qui signifie « porteur de lumière ». Ce sont les Romains qui lui ont donné ce nom, car elle devient étoile du matin et apporte sa lumière (on peut l’observer à l’est, un peu avant le lever du Soleil).
Vénus représente globalement nos valeurs et nos sentiments. C’est tout ce qui est important pour soi et qui fait que nous décidons d’investir dans un projet, dans une relation.
C’est ce qui est mis en lumière durant cette période : qu’est-ce qui est réellement important pour soi? Quelle cause ou quel projet vaut la peine d’investir notre temps, notre énergie, notre savoir-faire, notre argent? Quelle valeur accordons-nous à ceux et à ce qui nous entourent (y compris soi-même)? Sur quels critères faisons-nous cette évaluation? Ces critères sont-ils toujours pertinents? Quel serait notre bénéfice de faire ceci plutôt que cela? Quel serait notre intérêt? Savons-nous où se trouve notre intérêt?
Déjà mi-septembre, ces questions se sont posées depuis que Vénus est entrée en Scorpion au carré de Pluton Verseau. Elle était Hespérus (étoile du soir, qui se couche après le Soleil).
À nouveau début octobre, alors qu’elle est devenue rétrograde. C’est une Vénus vieillissante, intense et passionnée, qui défend ses valeurs et ses intérêts avec un sens du drame certain. Toujours au carré de Pluton, elle peut s’accrocher désespérément à certains critères d’évaluation, sans tenir compte du monde qui évolue autour d’elle.
Et ce 24 octobre, c’est la nouvelle Vénus qui émerge : humaniste, ouverte, spontanée, enthousiaste et impulsive. Elle se laisse porter par ses sens et ses sentiments. En Scorpion, tout ce qu’elle vit est ressenti avec passion, d’autant plus qu’elle termine le carré à Pluton, le besoin de liberté d’être est un puissant moteur pour sortir des sentiers battus ou d’une situation difficile.
Parfois, cette jeune Vénus rétrograde carré Pluton, porte des idéaux très élevés. Pour les atteindre, elle peut imposer aux autres, mais aussi à elle-même, des conditions très rigides. Dans ce contexte, elle est très exigeante et tout écart est considéré comme une trahison, elle ne tolère aucune contradiction mais elle est la première à monter aux barricades.
Le 25 octobre, Vénus retourne en Balance, à l’opposition d’Éris Bélier. L’équilibre, la paix et l’harmonie, des valeurs chères à la Balance, ne sont possibles que par une saine gestion des conflits, par le respect des valeurs de chacun et le partage équitable des ressources, des profits, des bénéfices. Bref, pour que tout le monde y trouve son compte.
Inutile de rappeler que nous vivons l’inverse. Je ne sais pas s’il existe une société sur notre planète, où « l’équilibre, la paix et l’harmonie » règnent équitablement pour tous?
Cette opposition Vénus-Éris pousse à rechercher cet équilibre en provoquant des situations conflictuelles, en mettant en lumière les injustices, les inégalités, les déséquilibres, vécus par de très nombreuses personnes. En effet, comment résoudre un problème qu’on refuse de voir?
Mercure rétrograde jusqu’au 13 novembre 2026
Mercure, c’est notre intellect, notre mode de pensée, comment nous comprenons la vie, comment nous communiquons, comment nous apprenons.
Jusqu’au 4 novembre, Mercure est encore « Épiméthée » : c’est un Mercure vieillissant qui se prépare à l’avenir en ajustant ses idées et ses concepts devenus obsolètes. Dans le meilleur des cas, il voit le monde changer autour de lui et tente de s’adapter. Il est encore difficile d’être complètement ouvert aux nouvelles idées. Ce Mercure est plutôt en mode « observation », il est prudent.
Mais il se peut que ce Mercure soit très conservateur. Dans ce cas, il s’accroche au passé et s’oppose aux nouvelles idées, comme si elles étaient une menace. Il peut être réactionnaire et nier une évolution, voire certains problèmes, refuser systématiquement de nouvelles approches pour améliorer les choses.
Puis, le 4 novembre, c’est la conjonction inférieure avec le Soleil. Mercure rétrograde devient Prométhée. C’est un nouveau Mercure, curieux, ouvert, progressiste, qui butine les nouvelles idées sans a priori, mais aussi avec candeur et insouciance. Il ne prend pas vraiment le temps d’analyser l’information et prend trop de raccourcis intellectuels. Ses conclusions risquent d’être bancales.
Ce nouveau Mercure peut aussi être trop avant-gardiste, justement parce qu’il va trop vite. Il voit l’objectif sans tenir compte des étapes pour l’atteindre. Le décalage est alors trop grand entre la réalité du moment et la réalisation du projet, il devient difficile de se projeter dans un avenir serein. Ainsi, si d’autres personnes sont impliquées, il y aura peu d’adhésion à ce projet et les communications peuvent s’envenimer.
Du 24 octobre au 4 novembre, nous vivons avec une jeune Vénus et un vieux Mercure.
Aujourd’hui, j’ai lu une intéressante chronique dans La Presse « Quand le centre s’écroule ». Il y est question des derniers événements en France, et Patrick Lagacé constate qu’en politique, il n’y a plus de centre, seulement des extrêmes.
« Je ne pourrais pas vous dire LA cause de ces révoltes en France. […] Mais je regarde aller la France depuis quelques années et j’y vois ce que je vois ailleurs, aux États-Unis, ici, en Europe, en Angleterre… […] Bref, des raisons d’être en colère – ou désespéré –, il n’en manque pas. L’avenir est bouché pour des millions de personnes dans nos démocraties, avec des réponses molles d’États dont la marge de manœuvre financière rétrécit. »
Dans le thème du 24 octobre, la Lune fait le lien entre Saturne et Neptune Bélier. Cette conjonction Saturne-Neptune se reforme une dernière fois pendant quelques semaines, comme pour donner un dernier coup à des illusions de « retour en arrière ». Le passé est révolu et il est temps de tourner la page, d’envisager un avenir différent, de travailler à construire un monde plus sain pour tous.
Ce projet va bien au-delà de Mercure et de Vénus, c’est l’affaire des « grandes » : Uranus, Neptune et Pluton, qui forment un beau triangle mineur jusqu’en 2029, justement pour nous permettre d’imaginer et de concevoir une nouvelle forme de gouvernance, au centre… C’est le carré Saturne Taureau-Pluton Verseau de 2028-2029 qui permettra d’ouvrir le chantier de construction.
En attendant, le travail de démolition se poursuit. Les vieux Mercure grincheux et réactionnaires ne manquent pas. Ils nourrissent les extrêmes mais ils ne sont pas les seuls : les jeunes Vénus idéalistes veulent imposer leur volonté, sans concession.
Pas de négociation, pas de compromis, ni pour les uns ni pour les autres. Pas de centre, seulement des extrêmes. Les prochaines semaines seront certainement très tendues.
À l’image des feuilles mortes qui jonchent le sol d’une journée sombre, pluvieuse et venteuse de novembre, le Scorpion symbolise les fins, les cycles qui se terminent. Nous arrivons au bout de ce que nos sociétés actuelles peuvent offrir.
Mais nous savons que la nature renaîtra au printemps suivant. Un cycle qui s’achève, c’est un nouveau qui commence. Le Scorpion symbolise aussi la force extraordinaire qu’on puise dans les profondeurs, la résilience, les idées et les sentiments qui se transforment pour évoluer, la passion de vivre qui fait que nous pouvons nous relever.
Cette période est l’occasion de remettre en question ses valeurs, de redéfinir ce qui est important pour soi et de s’y tenir, de défendre ces valeurs au besoin, de négocier quand c’est possible. Dans cette réalité des extrêmes, il me semble important de privilégier notre entourage immédiat et de nourrir l’équité et la justice, l’harmonie, autant que possible et sans sacrifier nos valeurs ni nos sentiments.
Rester fidèle à soi-même, ou le redevenir.
Sabine Jeangérard
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