Aujourd’hui, nous vivons le dernier aspect exact du sextile décroissant entre Saturne Poissons et Uranus Taureau.

Dans mon analyse de l’année 2026, j’écrivais :

C’est le 20 janvier 2026 que Saturne Poissons et Uranus Taureau forment le dernier aspect du sextile décroissant, alors que la conjonction Saturne-Neptune se resserre. Même si l’aspect n’est pas exact, on ne peut exclure Neptune de cette partie. Le thème de cet aspect exact montre une grande tension et une agressivité exacerbée.

Les abus d’autorité (Saturne) qui visent à brimer, contraindre ou étouffer, par peur ou pour asseoir un pouvoir personnel au détriment d’autrui, ne peuvent durer qu’un temps car ils nourrissent l’esprit libre uranien. C’est là que grondent les révoltes.

Ce cycle s’achève en 2032 et a été marqué par d’innombrables oppressions. Ce dernier sextile décroissant pourrait représenter le « coup en trop ». Toutefois, s’il est encore trop tôt pour trouver la solution, il y a ce moment où la limite vient d’être dépassée. C’est en le vivant que, d’un seul coup, les derniers verrous sautent et que Neptune peut nous aider à imaginer d’autres possibles.

Donc, nous y voilà ! Donald Trump durcit le ton concernant sa volonté d’acquérir le Groenland « à tout prix », et d’autres prétentions dont je ne parlerai pas ici parce qu’il semble que ce soit un puits sans fond.

Parallèlement, au forum économique de Davos, aujourd’hui, Mark Carney, Premier ministre du Canada, a tenu un discours que j’ai particulièrement apprécié (cliquer ici pour le lire dans son intégralité dans La Presse).

Je ne vais pas tout reprendre ici, mais la parabole du marchand de fruits et légumes est très parlante :

Alors, quelles sont nos options ?

En 1978, le dissident tchèque Václav Havel a écrit un essai intitulé Le pouvoir des sans-pouvoir. Dans cet essai, il posait une question simple : comment le système communiste a-t-il pu se maintenir ?

Sa réponse commençait par un marchand de fruits et légumes. Chaque matin, ce commerçant place une affiche dans sa vitrine : « Travailleurs du monde, unissez-vous ! » Il n’y croit pas. Personne n’y croit. Mais il place quand même l’affiche – pour éviter les ennuis, pour signaler sa conformité, pour s’entendre avec les autres. Et comme tous les commerçants de toutes les rues font de même, le système persiste.

Non pas uniquement par la violence, mais par la participation des gens ordinaires à des rituels qu’ils savent secrètement être faux.

Havel appelait cela « vivre dans le mensonge ». Le pouvoir du système ne vient pas de sa vérité, mais de la volonté de chacun d’agir comme si elle était vraie. Et sa fragilité vient de la même source : dès qu’une seule personne cesse d’agir ainsi, lorsque le marchand de fruits et légumes retire son panneau, l’illusion commence à se fissurer.

Il est temps pour les entreprises et les pays de retirer leurs pancartes.

Pendant des décennies, des pays comme le Canada ont prospéré grâce à ce que nous appelions l’ordre international fondé sur des règles. Nous avons rejoint ses institutions, loué ses principes et bénéficié de sa prévisibilité. Nous avons pu mener des politiques étrangères fondées sur des valeurs sous sa protection.

Nous savions que l’histoire de l’ordre international fondé sur des règles était en partie fausse. Que les plus forts s’en exemptaient lorsque cela leur convenait. Que les règles commerciales étaient appliquées de manière asymétrique. Et que le droit international s’appliquait avec plus ou moins de rigueur selon l’identité de l’accusé ou de la victime.

Cette fiction était utile, et l’hégémonie américaine, en particulier, contribuait à fournir des biens publics : des voies maritimes ouvertes, un système financier stable, une sécurité collective et un soutien aux cadres de résolution des différends.

Nous avons donc placé le panneau dans la vitrine. Nous avons participé aux rituels. Et nous avons largement évité de dénoncer les écarts entre la rhétorique et la réalité.

Ce compromis ne fonctionne plus.

Je vais être direct : nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition

[…]

Ce n’est pas de la souveraineté. C’est l’exercice de la souveraineté tout en acceptant la subordination.

Dans un monde où rivalisent les grandes puissances, les pays intermédiaires ont le choix : se faire concurrence pour obtenir des faveurs ou s’unir pour créer une troisième voie qui ait un impact.

Nous ne devons pas laisser la montée en puissance de la force aveugler notre perception du fait que le pouvoir de la légitimité, de l’intégrité et des règles restera fort, si nous choisissons de l’exercer ensemble.

Ce qui me ramène à Havel.

Que signifierait pour les puissances moyennes « vivre dans la vérité » ?

Cela signifie nommer la réalité. Cessez d’invoquer « l’ordre international fondé sur des règles » comme s’il fonctionnait encore comme annoncé. Appelez le système par son nom : une période où les plus puissants poursuivent leurs intérêts en utilisant l’intégration économique comme une arme de coercition.

Cela signifie agir de manière cohérente. Appliquer les mêmes normes aux alliés et aux rivaux. Lorsque les puissances moyennes critiquent l’intimidation économique venant d’une direction mais restent silencieuses lorsqu’elle vient d’une autre, nous continuons à afficher notre position.

Cela signifie construire ce en quoi nous prétendons croire. Plutôt que d’attendre que l’hégémon rétablisse un ordre qu’il est en train de démanteler, créer des institutions et des accords qui fonctionnent comme décrit.

Et cela signifie réduire l’influence qui permet la coercition. La construction d’une économie nationale forte devrait toujours être la priorité de tout gouvernement. La diversification internationale n’est pas seulement une question de prudence économique ; c’est le fondement matériel d’une politique étrangère honnête. Les pays gagnent le droit d’adopter des positions de principe en réduisant leur vulnérabilité aux représailles.

[…]

Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu.

Mark Carney

Premier Ministre du Canada

Je pense que « le coup en trop » dont je parlais est arrivé et que la limite a été franchie. Les derniers verrous sont en train de sauter et Mark Carney nous permet de franchir la première étape du processus du changement : reconnaître que les politiques actuelles ne fonctionnent plus. Pour régler un problème, il faut commencer par le reconnaître, le nommer.

Dans ses commentaires sur le discours de Mark Carney, Michelle Courchesne dit :

Donc, le ton monte, le ton se durcit. Mark Carney fait appel à ces puissances moyennes : peut-être que les grandes puissances veulent se servir de nous, ils se servent de cette guerre commerciale pour qu’on se soumette, mais on vous dit, peuples de puissances moyennes, qu’on peut aussi avoir une troisième voie. Et cette troisième voie est de bâtir notre économie à partir des forces que chaque pays a.

Pour répondre à votre question, où est le plan?

Pour moi, ce matin, ce discours est beaucoup plus clair, beaucoup plus fort, beaucoup plus précis. Et oui, dans les jours, semaines et même mois, il va falloir qu’il y ait quelque chose de concret qui ressorte de ça. La première chose concrète qui ressort de ça, c’est les pays qui renforcent leur présence militaire et qui vont effectivement aller appuyer le Groenland en envoyant des troupes. Quelle sera la réaction des États-Unis? C’est une autre question.

Michelle Courchesne

Ancienne députée de l’Assemblée nationale du Québec

Cette troisième voie « bâtir notre économie à partir des forces de chaque pays » ouvre sans doute la voie au renouveau (Uranus Taureau) alors que l’illusion que nous avons nourrie « vivre dans le mensonge » n’est plus une option (Saturne Poissons).

De plus, depuis la Nouvelle Lune du 18 janvier, marquée par une doriphorie en Capricorne-Verseau, les planètes personnelles se sont déplacées et, actuellement et pour quelques jours, cet amas planétaire se déplace en Verseau, au carré d’Hauméa. C’est un bon moment pour définir les grandes lignes de ce que nous voulons.

Neptune entre en Bélier le 26 janvier, suivi par Saturne le 14 février… et la conjonction le 20 février. Cette conjonction signe le début d’une nouvelle vision collective.

Mais, un pas à la fois !

Sabine Jeangérard
20 janvier 2026

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